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Une manifestante porte une coiffe représentant la couronne de la Statue de la Liberté lors d’une manifestation à San Francisco, en Californie, après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis le 9 novembre 2016. (photo: REUTERS)

Depuis des décennies, l’économie a exploité la classe moyenne, mais une économie juste exige d’abord une société connectée.

Il y a quelques jours, un article publié dans le prestigieux Harvard Business a révélé que la moitié des adultes américains croient qu’il y a cinquante ans, la vie était meilleure qu’aujourd’hui. L’auteur de l’article, l’économiste Dr Marc Levinson, prétend que les gens se sentent ainsi, non pas parce qu’ils trouvent que leur vie matérielle est plus difficile qu’elle ne l’était il y a 50 ans, mais bien parce qu’alors, ils avaient de l’espoir. « Une grande partie de la société a vu ses conditions de vie s’améliorer de jour en jour », écrit Levinson, et « les gens s’attendent à ce que ce soit la même chose pour leurs enfants. Maintenant (…) seul un Américain sur quatre prévoit que la prochaine génération aura une vie meilleure qu’aujourd’hui ». Si une société n’offre pas d’espoir à sa population, cette société est désespérée.
Il y a cinquante ans, la Nouvelle Économie était le paradigme maître en Amérique. Les économistes croyaient que les impôts, les dépenses publiques et la politique monétaire allaient garder l’économie sur la voie d’un taux minimal de chômage et d’inflation et d’un taux constant de croissance. Cela a fonctionné pendant un certain temps. Mais depuis quelques décennies maintenant, la Nouvelle Économie s’est révélée dysfonctionnelle. Graduellement, les taxes ont été abaissées pour l’élite, et la politique monétaire a été remplacée par une sorcellerie financière qui prétend aider la classe moyenne et les pauvres, mais qui en fait, enrichit ceux qui sont déjà très riches.
L’économie actuelle est soutenue par les béquilles d’une fausse expansion en imprimant de l’argent par le biais de divers outils financiers. Si l’inflation ne monte pas en flèche en ce moment, c’est uniquement parce que les gens n’ont ni argent à dépenser ni désir d’acheter.
Pis encore, si auparavant, les gens avaient l’espoir de trouver du travail en cherchant activement, maintenant ils renoncent à s’en trouver un. Avec les machines qui remplacent la main-d’œuvre, les gens perdent espoir de garder un emploi stable.

Là où existe une véritable demande
En dépit de ces prédictions lugubres, il existe un domaine où la demande est en hausse : celle des connexions humaines positives. Satisfaire nos besoins matériels garantit notre survie physique. Par contre, notre bonheur dépend entièrement de nos connexions positives avec les autres. Le professeur de psychologie, Art Markman, tire cette conclusion dans un essai publié dans Psychology Today : « Les interactions que nous avons avec les autres affectent notre façon d’envisager la vie. »
Pourtant, l’humanité va dans la direction opposée. Nous devenons de plus en plus égotistes et profiteurs, ou comme l’a demandé la journaliste Zoé Williams : « Que ce soient les célébrités en mal d’attention, ou le partage numérique démesuré et jusqu’à l’explosion de la chirurgie plastique, le comportement narcissique est partout autour de nous. Devrions-nous nous inquiéter de notre auto-obsession croissante ? »
En effet, nous devrions beaucoup nous en inquiéter. L’auto-obsession est un symptôme bien pire que « le partage numérique ». Sous la censure sévère de la rectitude politique, l’Amérique s’est autorisée à devenir presque un pays du tiers-monde, dont une petite élite s’enrichit quotidiennement, et dont la classe moyenne glisse vers le premier décile. Pourquoi quarante millions d’Américains vivraient-ils grâce aux Food Stamps qui s’élèvent à environ 120$ par mois, alors qu’une poignée de privilégiés peut se permettre de dépenser le double de cette somme pour un seul repas dans un restaurant à la mode ? En fait, pourquoi qui que ce soit devrait-il se soucier d’alimenter ses enfants et de s’alimenter lui-même alors que la moitié de la production alimentaire des États-Unis est jetée ? Même si vous faites partie de la minorité qui croit que les pauvres sont paresseux et incompétents, ne soyez pas surpris quand ils se révolteront contre un système qui nie leur dignité humaine.

L’équilibre, un prérequis pour une vie heureuse
Il y a une bonne raison pour laquelle des connexions humaines positives sont essentielles à la survie de la société ainsi qu’à notre survie physique. La réalité tout entière tourne autour de l’interaction équilibrée de deux forces, l’une positive et l’autre négative. Ces forces se manifestent par le don et la réception, la connexion et la déconnexion. Elles se manifestent dans tous les phénomènes naturels, comme inhaler et exhaler, le jour et la nuit, l’été et l’hiver et dans toutes les autres formes de plus et moins qui constituent notre monde. Sans équilibre entre ces deux forces, notre univers ne serait pas ce qu’il est, et notre existence serait impossible.
La meilleure description, peut-être, que j’ai entendue au sujet du mécanisme qui régit l’équilibre de ces forces positive et négative provient de la biologiste de l’évolution la professeure Elisabet Sahtouris. En novembre 2005, j’étais invité à participer à une conférence à Tokyo, intitulée « Créer une nouvelle Civilisation », et organisée par le Goi Peace Foundation. Parmi les orateurs se trouvait la professeure Sahtouris, qui a donné une description concise, mais exacte, des interactions de ces deux forces qui rendent la vie possible. « Dans votre corps, dit-elle, chaque molécule, chaque cellule, chaque organe du corps humain a des intérêts personnels ». C’est la force négative. Cependant : « Quand chaque niveau (…) montre un intérêt personnel, cela oblige des négociations entre les niveaux. C’est le secret de la nature. À chaque instant, dans votre corps, ces négociations conduisent votre système à l’harmonie. »
La description de Sahtouris est valable à tous les niveaux de la nature, que ce soit l’inanimé, le végétal ou l’animal, à l’exception de l’humanité. En ce qui concerne les gens, la force négative qui se manifeste par l’égoïsme est prédominante. L’esclavage, la coercition en tous genres, l’appât du gain, et l’injustice sociale sont les conséquences de la prédominance de la force négative ou de l’auto-obsession comme Zoé Williams l’a mentionné plus haut.
À moins d’incorporer la force positive dans les relations humaines, et de les transformer ainsi en connexions positives, notre meilleur essai de justice sociale est voué à l’échec. C’est ce qui a transformé la belle idée de libéralisme en malédiction néo-libérale. Le professeur de Psychanalyse, Paul Verhaeghe, a dit éloquemment dans son essai : « Neoliberalism has brought out the worst in us » : « La liberté que nous percevons comme étant nôtre en Occident est le plus grand mensonge de cette époque. »
Pour restaurer l’équilibre dans la société humaine et introduire un peu de santé mentale dans notre monde, nous devons trouver un moyen d’introduire la force positive et la qualité du don dans nos connexions humaines.

Vive la nouvelle « Nouvelle Économie »
Puisque la nature ne nous a pas pourvus de la force positive, nous devons la « produire » nous-mêmes. Ce faisant, nous apprendrons comment la nature fonctionne et nous pourrons créer autant de force positive dont nous avons besoin.

La méthode de « production » de la force positive est similaire à la manière dont les radios nous permettent d’écouter des stations spécifiques. Autour de nous, il y a des milliers d’ondes de fréquences diverses, mais la radio transmet miraculeusement seulement celles que nous choisissons. Cependant, il n’y a pas de miracle, c’est purement de la science. Les stations de radio transmettent des ondes spécifiques qu’elles ont créées à l’intérieur. Quand vous essayez de syntoniser une station, la radio crée un champ de fréquences, cherchant à se connecter à une fréquence extérieure. Quand elle trouve une fréquence similaire, la radio joue ce qui est diffusé sur la fréquence similaire extérieure. C’est ce qu’on appelle « recevoir » une station.
De la même manière, la force positive existe partout autour de nous. Mais pour en jouir, nous devons développer un dispositif qui puisse la recevoir et nous la révéler. Tout comme une radio, nous devons d’abord créer la force positive et la découvrir ensuite. Lorsque nous « recevons » la force positive, elle installera en nous le même équilibre et la même harmonie qui existe dans la nature tout entière. Tout comme des ondes sonores créées par les ondes radio se répandent dans une pièce et ont un impact sur celui qui les entend, l’équilibre et l’harmonie se répandront dans la société une fois que nous aurons créé la force positive. Alors que nous ne percevons pas les ondes radio, elles ont un impact sur nos oreilles. Pareillement, même si nous ne percevons pas la force positive, nous sentirons son impact sur nos vies dès que nous la recevrons sur nos « radios ».

Construire des « récepteurs » de force positive
Pour générer la force positive, il faut des gens qui veuillent s’élever au-dessus de leur aliénation et de leur haine réciproque et qui veuillent s’unir. Le Roi Salomon a appelé cette technique : « La haine engendre les conflits et l’amour couvre tous les crimes » (Proverbes 10:12)
Quand les membres du mouvement Arvout (responsabilité mutuelle), dont les idées dérivent du concept de connexion tel que décrit dans la Sagesse de la Kabbale, ont décidé de tester en pratique le principe de « l’unité au-delà de l’aversion », ils ont découvert une méthode simple de délibération connue sous le nom de Cercles de Connexion, qui a très bien fonctionné. Un Cercle de Connexion est une méthode de discussion au cours de laquelle chaque participant est égal aux autres et parle à son tour seulement, n’interrompt pas les autres, et ajoute à la conversation, mais ne réfute pas les idées des autres participants. Ces règles de délibération créent une connexion telle que les participants deviennent des récepteurs de la force positive qui existe tout autour de nous.

Quand le mouvement Arvout a animé ces Cercles de Connexion entre deux populations naturellement hostiles placées dans le même cercle, les résultats ont dépassé les attentes de tous. À maintes reprises, les gens ont prouvé que lorsqu’ils sont assis en cercle sur un pied d’égalité et qu’ils veulent s’unir au-dessus de leurs différences, les hostilités, les barrières culturelles, et même la barrière de la langue, tout cela disparaît. Comme démontré par ces témoignages (en hébreu, assurez-vous d’activer la fonction de sous-titrage), au lieu de la suspicion et de la méfiance, un sentiment de chaleur et un sens d’appartenance ont envahi les participants, après une session seulement.
La force positive créée dans le cercle, comme on l’a vu dans le clip vidéo, a transformé les sentiments des participants. Ils sont littéralement passés de l’aliénation à la connexion. Si cet outil était utilisé aux États-Unis, il produirait assez de force positive pour guérir tous les problèmes sociaux de l’Amérique, et servirait de modèle d’équilibre et d’harmonie sociale pour le reste du monde.

Exploiter des ressources intactes
Dans la société américaine actuelle, des millions de gens bénéficieraient immédiatement des Cercles de Connexion. Les chômeurs et les gens qui ont abandonné l’espoir de trouver un travail sont tous des candidats parfaits pour ces cercles. Au lieu d’être désœuvrés, ils pourraient être employés comme « instigateurs de force positive » et jouir des mêmes avantages qu’ils ont actuellement. La transformation dont ils feraient l’expérience bouleverserait leur vie, mais allègerait aussi la pression subie par les services sociaux du pays, déjà surexploités. Le taux de criminalité baisserait de façon significative, et les conflits domestiques seraient moins fréquents. Enfin, les coûts d’un tel projet seraient moins élevés que ceux de programme d’aide aux chômeurs et donnerait de bien meilleurs résultats.
Mais ce n’est qu’un début. Sur son site de transition, le président élu, Donald J. Trump, écrit : « Afin de rendre sa grandeur à l’Amérique, pour 70 millions de jeunes en âge scolaire, 20 millions d’étudiants au postsecondaire et 150 millions de travailleurs adultes, l’administration Trump présentera des politiques afin de soutenir des programmes d’apprentissage rémunéré aux niveaux national et local. » Si la nouvelle administration inclut dans ses politiques la technique des Cercles de Connexion, 45 minutes quotidiennement, cela produira non seulement des travailleurs compétents, mais aussi des êtres humains heureux.

Quand les gens comprennent ce qu’est leur véritable nature et la manière de l’utiliser pour leur profit et celui de leur communauté, le résultat sera l’émergence d’une nouvelle société basée sur une Nouvelle Économie, l’économie de connexion. Cela fera disparaître le spectre du chômage permanent, stabilisera la société et apaisera les tendances rebelles qui s’y trouvent. En résumé, cela rendra sa grandeur à l’Amérique.

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