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La décision unanime du Conseil de sécurité de l’ONU indique que si un vote sur l’existence d’un état juif était enregistré maintenant, Israël n’existerait pas.
Il y a tout juste deux semaines, la Première ministre de Grande-Bretagne a déclaré : « Je ne pourrais pas être plus claire, le mouvement BDS est injuste, inacceptable, et ni ce parti ni ce gouvernement ne traiteront avec ceux qui y souscrivent. » Moins de deux semaines plus tard, le gouvernement de Grande-Bretagne a fait volte-face et a voté en faveur d’une résolution présentée au Conseil de sécurité de l’ONU, qui laisse la porte grande ouverte à des sanctions distribuées à tort et à travers et à des boycotts contre Israël.
Depuis son investiture en 2009, Barack Obama a jeté beaucoup de « lumière » sur les relations entre les États-Unis et Israël en continuant sa politique de recul, comme il l’a nommée, face à Israël. Sa dernière manœuvre, à peine masquée, d’exposer Israël aux sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, n’est probablement pas la dernière à laquelle nous devrons faire face, s’il peut arriver à ses fins.
Wide favors VOTE Favor: 14 Abs: US Aga: 0 Le Conseil de sécurité des Nations Unies vote contre les colonies d’Israël, le 23 décembre 2016. Crédit : ONU Multimédia

Pourtant, Obama n’est pas le plus gros problème d’Israël. Chose étonnante, le plus grand, le pire, le seul problème d’Israël est Israël lui-même. La décision unanime du CSNU indique que le monde entier, presque tous les 193 pays membres ont une vision négative d’Israël. Aucun autre pays, pas même l’Irak, ni la Syrie, l’Arabie Saoudite ou tout autre pays gouverné par un dictateur, n’a réussi cet « exploit si remarquable » d’unir le monde entier contre lui. Si un vote avait été pris aujourd’hui portant sur la création d’un état juif, Israël n’existerait pas.

De plus, si aujourd’hui, un vote avait été demandé sur la révocation de l’État d’Israël, il aurait été approuvé avec la même majorité que celui-ci et accueilli par acclamation des états membres.

Pourquoi cette haine ?

D’abord, nous devons établir clairement que l’initiative du gouvernement des États-Unis de faire obstacle à la construction en Cisjordanie ne résulte pas des efforts du duo Obama-Kerry pour promouvoir la paix dans la région. C’est une partie des efforts de l’administration actuelle dont le but est d’éliminer l’État juif. Les Palestiniens, comme Obama le sait pertinemment, n’ont jamais été des interlocuteurs pour la paix, parce qu’ils n’y aspirent tout simplement pas. Depuis les émeutes de Jaffa en 1921, ils ont lancé des vagues périodiques d’attaques meurtrières contre des juifs en Israël et dans le monde entier ; ils ont formé des alliances avec quiconque leur promettait de les aider à exterminer les juifs d’Israël ou de les empêcher d’y vivre, y compris une alliance avec l’Allemagne nazie. Lorsque l’Organisation de libération de la Palestine, l’OLP, qui détient la « primogéniture » du terrorisme arabe, a été créée en 1964, il n’y avait pas de « territoires occupés » dans lesquels « retourner ». Ce n’est qu’en 1967, trois ans plus tard, lors de la guerre des Six Jours, que ces territoires ont été conquis et ils n’ont jamais appartenu aux Palestiniens, mais bien à la Jordanie.

L’administration américaine actuelle sait tout cela, de même que plus des cent états qui ont reconnu l’OLP comme la seule représentation légitime du peuple palestinien. Tout simplement, la vaste majorité des pays sont d’accord avec les Arabes pour dire qu’Israël ne devrait pas exister. L’administration Obama a commencé à mettre cette position en pratique et fera tout ce qui existe en son pouvoir, et même au-delà, pour réaliser son agenda avant l’investiture de Donald Trump. J’ai déjà tiré auparavant la sonnette d’alarme lors du vote de l’UNESCO qui niait toute l’Histoire des juifs sur le mont du Temple. Maintenant qu’Obama n’est plus préoccupé des résultats de l’élection, nous assistons à la réalisation de la menace qui mettrait fin à l’existence d’Israël.

En 2013, j’ai publié le livre Comme une gerbe de blé : pourquoi l’unité et la responsabilité mutuelle sont à l’ordre du jour. J’ai averti que des catastrophes semblables à celles de l’Holocauste et de l’Inquisition espagnole n’étaient pas des événements isolés, mais faisaient bien partie d’un processus qui doit être complété. Maintenant, nous assistons au début de la prochaine étape du processus. Cependant, comme je l’ai écrit dans « Pourquoi le monde hait-il les juifs ? » nous pouvons contrôler cette étape du processus qui ne devrait pas être traumatisante. Si nous nous concentrons sur la raison de la haine à notre égard et comment nous devons y répondre, plutôt que de déplorer le fait que le monde nous hait, nous traverserons ce processus rapidement et en douceur, et le processus éliminera la haine dont Israël fait l’objet et éradiquera l’antisémitisme.

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L’administration Obama s’est engagée à mettre en œuvre son programme d’élimination de l’État d’Israël. Crédit : Reuters

Israël, le juif parmi les nations

Abraham Foxman, l’ex-directeur de la Ligue anti-Diffamation, a dit qu’Israël est devenu « le juif parmi les nations ». C’est tellement pertinent ! Il n’y a pas de différences fondamentales entre les accusations dont Israël fait l’objet, et les accusations que les juifs ont dû endurer au cours de l’Histoire. La différence, c’est que maintenant il y a une cible : l’État d’Israël, le juif parmi les nations. Maintenant, tout le monde peut cibler sa haine sur une entité définie et élaborer des diffamations de sang et de fausses accusations, comme auparavant ils l’ont fait à l’égard des juifs. Mais comme nous l’avons constaté avec les manifestations du BDS, la colère contre Israël est un prétexte à peine voilé pour exprimer l’antisémitisme.

Si nous essayons de comprendre les racines de la plus profonde et durable des haines tout au long de l’histoire de l’humanité, nous devons remonter à nos origines, car tout commence là. Nous, les juifs, sommes différents des autres nations. Nous sommes la seule nation dans l’histoire de l’humanité à avoir reçu comme mission de sauver le monde par notre exemple. Nous sommes la seule nation dont l’existence a été scellée par Dieu, mais pas avant de remplir la condition de nous unir « comme un seul homme dans un seul cœur ».

Le Dieu que les trois religions abrahamiques vénèrent nous a choisis et nous a donné pour tâche d’« être une lumière pour les nations ». Ce que disent les gens importe peu : il est manifeste que plus le monde s’assombrit, plus ils nous pointent du doigt, en nous blâmant.

Le Talmud dit (Massékhet Shabbat, 31a) que lorsqu’un Gentil s’approcha d’Hillel lui demandant de lui expliquer la loi juive, Hillel répondit : « Ce que tu hais, ne le fais pas aux autres. C’est la totalité de la Torah. » Cette loi était supposée être la lumière pour les nations, mais si ses promoteurs ne l’ont pas mise en pratique parmi eux, ni n’en ont donné l’exemple que d’autres pourraient suivre, comment pourrions-nous blâmer le monde qui nous hait ? Comment ne pas comprendre le monde quand il nous dit que nous sommes à blâmer pour toutes les guerres, que nous ne faisons pas le moindre effort pour dépasser notre haine réciproque et nous unir ?

La loi la plus fondamentale de notre ancienne société était la responsabilité mutuelle. Comment est-elle appliquée parmi nous aujourd’hui ? De quelle façon sommes-nous responsables les uns des autres ? Nous avons adopté la culture helléniste, compétitive et égocentrique, cette culture à laquelle nous sommes supposés offrir une alternative, et cependant nous sommes offensés lorsque le monde nous dit que nous sommes superflus ?

The Windsor Star a évoqué une citation du premier Premier ministre d’Israël, David Ben Gourion, comme suit : « Le plus important n’est pas ce que les nations disent, mais bien ce que nous les juifs faisons. » C’est la vérité. La haine des nations provient de notre inaction en ce qui concerne l’unité, la responsabilité mutuelle, et les efforts déployés pour raviver le lien primordial qui a fait de nous une nation. Sans notre exemple, les nations ne pourront pas faire la paix entre elles, et nous en sommes responsables. Le processus que j’ai évoqué précédemment en est un de transformation de la déconnexion en connexion, de la séparation en souci mutuel. Cependant, sans notre exemple pour leur paver la voie, ils ne pourront pas arriver à se connecter et n’auront donc aucun besoin de nous.

Quand les nations passent des mots aux actions contre les juifs, comme elles l’ont fait tant de fois dans l’Histoire, il sera trop tard pour que nous fassions ce que nous devons. Nous devons nous unir avant que les mots deviennent des actions. C’est le moment d’agir.

En discutant des conflits violents entre juifs, Baal HaSoulam écrivait dans les années 1930 : « Je sais que même si on les lie dans un même panier, aucun ne se soumettra le moins du monde à l’autre, et aucun danger ne les interrompra de poursuivre leurs ambitions. » Il essayait de nous avertir de l’Holocauste imminent.

J’essaie de faire de même. Je n’aime pas être le rabat-joie aux célébrations de victoire de Donald Trump que j’avais espérée. Pourtant, si nous ne nous unissons pas au-dessus de nos différences très bientôt, notre avenir sera lugubre. Le monde prend déjà des mesures concertées contre nous. Nous ne devons pas attendre, ou il sera trop tard.

Nos ancêtres, les Maccabées, ont réussi à surmonter la division entre eux, et à vaincre ainsi les forces de la séparation. Par leur unité, ils chassèrent l’ennemi du pays d’Israël, bien qu’ils fussent peu nombreux. Apprenons de leur exemple ce que peut accomplir l’unité lorsqu’on choisit d’y adhérer.

 

 

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