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Tout comme soigner un corps malade requiert un diagnostic de la maladie, la société actuelle doit « reconnaître le mal social ».

Depuis le 9 novembre 2016, alors que le parti démocrate s’est éveillé à une nouvelle réalité, où il ne se trouve pas à la barre, il y a eu une vague de discours sur le terme « fausses nouvelles », et si oui ou non il a été utilisé pour promouvoir les candidats lors de leur campagne électorale. La rumeur a été à son apogée lorsqu’un dossier Buzzfeed, non corroboré, prétendant détenir des informations compromettantes au sujet du président élu, Donald Trump, a été repris et traité comme une information vraie par CNN. Pour sa part, lors de sa première conférence de presse depuis des mois, Trump a mis sur la sellette le reporter de CNN, a traité le réseau pour lequel il travaille de diffuseur « de fausses nouvelles » et l’a empêché de poser des questions.

En fait, les fausses nouvelles ne sont pas un phénomène récent. Pour être clair, les nouvelles peuvent être fausses ou fabriquées, mais elles sont toujours déformées. Puisque nous avons tous des opinions, et les journalistes plus que d’autres, présumer qu’un journaliste pourra transcender son opinion personnelle et celle de son employeur (et chaque média a sa propre perspective) est non seulement naïf, mais dangereux. Si nous acceptons que les journalistes sont des humains et de ce fait, biaisés comme nous tous, nous pourrions peut-être comprendre un peu mieux la réalité.

Voici une déclaration de la page des codes de déontologie de la Société des journalistes professionnels (SPJ): «Ne déformez jamais délibérément les faits ou le contexte.» Si quelque chose de positif doit ressortir de la rumeur ayant trait aux fausses nouvelles, c’est que les médias d’information, tous les médias d’information, sont ce qu’ils sont : des outils de manipulation du discours public et de l’opinion publique, qui servent les intérêts des gens qui les contrôlent. Nous tenir informés de la réalité n’est pas pour demain.

Voici l’étude d’un exemple classique qui démontre comment les médias d’information utilisent les nouvelles pour manipuler l’opinion publique. Dans les six derniers mois, trois attaques mortelles ont été menées par des terroristes qui ont foncé avec leurs camions dans une foule de piétons. Le premier incident a eu lieu à Nice en France, le deuxième à Berlin en Allemagne et la troisième attaque s’est produite à Jérusalem en Israël. Voici comment l’émission d’information de la BBC a présenté ces trois incidents très similaires :

  • France : Au moins 84 tués par un camion lors des célébrations du jour de la Bastille.
  • Allemagne : Un camion tue 12 personnes dans un marché de Noël.
  • Israël : Le conducteur d’un camion abattu à Jérusalem, après avoir supposément renversé des piétons, blessant au moins 15 personnes, selon un rapport des médias israéliens.

Dans les deux premiers cas, l’emphase dans le titre et dans l’histoire est mise sur les victimes.

Dans le troisième cas, BBC News met l’emphase sur le terroriste, le présentant comme une victime plutôt que comme l’auteur d’un acte délibéré, d’une attaque meurtrière, ce qu’il est en réalité. Pis encore, l’histoire ne mentionne pas le fait qu’il y ait eu quatre morts, en plus des piétons blessés.

Si nous comparons ces trois rapports d’information et les soumettons au Code d’Éthique de la SPJ qui souligne que les journalistes ne peuvent en aucun cas, « délibérément altérer les faits ou leur contexte », et nous nous rendons compte à quel point est révolue l’époque où nous pouvions affirmer que la presse était « le chien de garde de la démocratie ». De toute évidence, la seule chose que la presse garde sont les intérêts des actionnaires, et voici pourquoi.

De la partialité partout

Ce n’est pas seulement la presse qui fait montre de partialité. Les sondages qui jadis étaient le bastion de l’objectivité sont devenus une farce. En échouant de façon spectaculaire à prévoir le Brexit et les résultats des élections aux États-Unis, les sondages ont perdu toute crédibilité. Il s’ensuit qu’à l’approche des élections à la présidence en France, le journal influent Le Parisien a décidé d’abandonner les sondages pendant la course à la présidence et de se concentrer sur le journalisme sur le terrain et d’abandonner les paris.

Aux États-Unis, le président nomme les juges de la Cour suprême, et le Sénat doit entériner son choix. En d’autres termes, par définition, les personnages les plus importants du système de justice américain doivent leurs postes aux politiciens. De plus, si la majorité des sénateurs appartient au même parti que le président, même cette loi destinée à établir un équilibre devient inefficace. Et si la Cour suprême est assujettie à l’influence d’intérêts, quelles en sont les conséquences sur la totalité du système judiciaire ?

Quel que soit le domaine vers lequel vous vous tourniez, des intérêts personnels, laïcs, financiers et politiques déterminent la manière dont le pays est dirigé. C’est vrai pour les États-Unis comme pour tous les pays du monde. La bonne nouvelle, c’est que maintenant, à moins que vous soyez volontairement dans le déni, tout le monde peut s’en rendre compte. Dans la Kabbale, se rendre compte de la négativité de la nature humaine et de son impact néfaste sur notre monde est appelé : « la révélation du mal. »

Nul besoin d’être kabbaliste pour savoir que l’ego est roi dans le monde actuel. Des sociologues ont écrit au sujet de notre culture du narcissisme depuis la fin des années 70, et ils ont commencé à utiliser le terme épidémie pour désigner ce phénomène depuis le tournant de ce siècle. La dépression hors de contrôle, la montée en flèche du taux de divorces, l’augmentation de la violence, les extrémismes de toutes sortes, l’aliénation et l’isolation, les disputes politiques croissantes, sont tous des symptômes de l’épidémie de permissivité qui menace notre bien-être, et peut-être même, notre santé physique.

Pour corriger la société humaine, corrigez la nature humaine

Décrire le processus entier de correction de la société humaine dépasse la portée d’un article d’opinion dans un journal. J’ai écrit longuement à ce sujet dans plusieurs livres tels que : Self-Interest vs Altruism in the Global era: How society can turn self-interests into mutual benefit, et Completing the circle: an empiritically proven method for finding peace and harmony in life, dans lesquels j’ai inclus aussi le mode d’emploi pour implanter les idées discutées dans le livre. Ici, j’aimerais préciser seulement les principes de base pour bâtir une société saine.

Pas de suppression de l’ego

On ne peut pas écraser l’ego. Notre ego grandit constamment, alors chaque moyen de défense que nous pouvons ériger à son encontre s’écroule à la minute même où un nouveau niveau d’égoïsme apparaît, libérant toute la pression qui s’est accumulée pendant la période de suppression. Il en résulte la guerre, le chaos, et d’autres formes de turbulence violente. Pendant des siècles, l’humanité a tenté de supprimer l’ego et de prétendre qu’il n’existe pas. Le monde actuel en est le reflet, dans lequel l’ego détruit tout ce qui a de la valeur sur la planète.

De plus, l’ego est le moteur du développement. Les plus grandes réussites ont émergé de la quête de l’homme pour la gloire, la fortune et le savoir, tous rejetons de l’ego. Écrasez l’ego et vous écrasez le progrès.

Le contrôler

Le journaliste du New York Times, Thomas Friedman, a récemment déclaré dans une entrevue avec Tucker Carlson au cours de l’émission The Tucker Carlson Show : « Se connecter de personne à personne sera un gros travail. (…) Je crois que les meilleurs emplois seront des emplois de personne à personne. Nous allons assister à l’éclosion d’une toute nouvelle série d’emplois et d’industries qui tournent autour du cœur, de la connexion des gens entre eux. »

En effet, la technologie de pointe que l’humanité devra développer sera non pas pour conquérir l’espace, mais pour conquérir l’espace entre nous. En ce moment, notre unique tâche, la plus importante, est de nous élever au-dessus de nos ego et de nous unir. Je comprends que cela puisse sembler utopique ou irréalisable, mais c’est faisable si nous utilisons la bonne approche et les bons moyens.

Il y a presque 4 000 ans, Abraham le Patriarche a découvert que la vie repose sur l’équilibre entre donner et recevoir. Comme maintenant, la société d’Abraham à Babylone était en ruines à cause de l’aliénation et des désirs matériels. Les anciens Hébreux étaient issus de plusieurs tribus et nationalités. Voulant échapper à l’aliénation régnant dans leurs tribus, ils se sont regroupés autour d’Abraham qui leur a appris comment s’aimer les uns les autres, cette caractéristique qui a fait de nous une nation. Aujourd’hui, après avoir abandonné ce bien précieux pendant près de deux mille ans, nous devons non seulement retourner à nos racines et rétablir notre unité, mais aussi partager cette méthode avec le reste de ce monde tourmenté.

Abraham et ses descendants ont développé une méthode de connexion qui a permis à leurs disciples de transcender l’égoïsme qui régnait entre eux et de le surmonter par l’amour. Plus l’égoïsme grandissait entre eux, plus ils devaient y mettre de l’amour pour le surmonter. Il est écrit dans le livre Likouté Etzot (Recueil de Conseils) : « L’essence de la paix est de connecter deux opposés. Ainsi, ne soyez pas inquiets si vous rencontrez une personne dont le point de vue est complètement opposé au vôtre et que vous pensez ne jamais pouvoir faire la paix avec elle. Également, quand vous voyez deux personnes totalement opposées l’une à l’autre, ne dites pas qu’il leur sera impossible de faire la paix. Au contraire, l’essence de la paix consiste à la faire entre deux opposés. » Le roi Salomon a résumé cette approche avec justesse dans les Proverbes (Proverbes 10:12) : « La haine engendre les conflits et l’amour couvre tous les crimes. »

Dans notre société, nous avons poussé l’égoïsme jusqu’au point de permissivité, mais nous avons complètement abandonné les sentiments altruistes. Nous avons fait basculer la société. Maintenant, nous devons réintroduire le désir de donner dans nos communautés, afin que la force positive de connexion fasse contrepoids à la force négative de séparation.

Dans des articles précédents, j’ai écrit au sujet des Cercles de Connexion, et autres techniques que nous pouvons implanter afin d’« injecter » la force positive dans la société. Mais avant de commencer à utiliser l’une ou l’autre, nous devons décider qu’il est inacceptable de vivre dans un monde égoïste où la presse n’est pas fiable, le système de justice politisé, l’économie pervertie pour profiter à une classe dirigeante minoritaire, alors que le peuple glisse lentement vers la pauvreté. Tout comme les médecins ont besoin d’un diagnostic afin de prescrire un remède efficace, nous avons besoin de « reconnaître le mal » afin de commencer à soigner notre société. C’est là que nous nous trouvons en ce moment, c’est le premier pas vers la guérison.

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